En 1977

Un plan de sauvegarde salvateur.

La première démarche initiée par le Président Geerssen consistera à réunir autour de l'UPRA les organismes techniques susceptibles d'apporter leur contribution à la recherche de solutions adaptées à la race Flamande.

Vinrent ainsi se porter au chevet de la Flamande Messieurs Malafosse et Krychowsky de l'Institut Technique de l'Elevage Bovin (lTEB), Monsieur Colleau de l'INRA et Monsieur Bougier de l'Union Nationale des Livres Généalogiques (UNLG).

Une stratégie en deux temps fut retenue:

  • D'abord entreprendre un recensement des élevages inscrits ou non, acceptant d'engager tout ou partie de leur cheptel dans un protocole strict de sauvegarde génétique.

Cette prospection permit de réunir un groupe de 47 troupeaux dont une vingtaine n'étaient pas adhérents de l'UPRA, rassemblant environ 460 vaches .

  • Ensuite définir un modèle de gestion génétique à appliquer à cette micro population femelle.

Dans un premier temps, les intervenants s'accordèrent pour recourir au dispositif conçu à l'origine pour la race bretonne pie noire.

Ce dispositif avait pour préalable la répartition de la race ou de l'échantillon en grandes lignées ou familles génétiques.

Ces familles génétiques étaient schématiquement disposées sur deux cercles concentriques, l'un immobile pour les femelles; l'autre pour les mâles (d'lA ou de MN) tournant autour du premier, les accouplements se planifiant en apliquant au cercle des mâles une rotation d'un cran tous les deux ans.

De toute évidence, ce shéma breton pie noir convenait en priorité aux très faibles populations, abandonnant toute perspective d'amélioration génétique et visant la seule maîtrise de l'accroissement de la consanguinité. Ce n'était pas le cas de la flamande qui disposait encore d'une large variabilité génétique et était en mesure d'assurer à ses élevages, toujours en situation de devoir démontrer la compétitivité préservée de la race face à celle de la pie noire, un progrès génétique tangible.

Aussi, la mise en place d'un dispositif, adapté aux contraintes de la flamande fut très rapidement décidée. II fut alors résolu de répartir aléatoirement les 460 vaches engagées en trois ensembles d'environ 150 femelles et de désigner dans chacun de ces groupes cinq vaches d'élite, mères à taureaux du programme.

Ces quinze mères à taureaux étaient accouplées durant deux années consécutives avec les mêmes pères à taureaux, mâles d'lA à renouveler ou de monte naturelle issus de lignées originales.

Les autres femelles étaient saillies par des taureaux d'lA (et occasionnellement de monte naturelle) à raison de deux mâles par an et par groupe, chaque animal réalisant deux campagnes dans le même groupe.

En adoptant le principe d'une utilisation décalée des mâles sur les groupes et celui d'une succession rapide d'un père par son fils, le shérna impliquait l'entrée en service de trois nouveaux taureaux par an.

La première année du programme (1978) fonctionna avec six taureaux anciens, CALVI, MICKEY, NETTOUNO, ALFRED, BRIGAND et ORPHEON. En 1979, la taurellerie de Frais Marais accueillit les trois premiers taureaux du programme, MATRA, LAMA et OPALIN.

Il faut souligner que la mise en oeuvre de ce programme constitua vite pour l'UPRA un poste important de son budget de fonctionnement. Le coût global de l'opération était constitué de deux dépenses principales:

  • Les indemnités aux éleveurs:

Quoique limitées à une faible participation au coût du contrôle laitier et des inséminations, elles étaient indispensables à l'adhésion au programme de certains éleveurs.

  • Les renouvellements des taureaux d'lA:

Alors peu soucieux des questions de conservation génétique et indifférent à l'égard de ses minorités, le CIA faisait supporter à l'UPRA l'intégralité des frais de collecte des taureaux sur une base avoisinant les 7 euros (45 F) par jour de présence de l'animal en station et 8 centimes d'euros (0.50 F) par paillette de semence réalisée.

Cet obstacle financier comme la jeunesse et l'inexpérience de son encadrement interdisaient à l'époque à l'UPRA d'insuffler à ce projet particulier comme à ses autres missions en général, davantage d'ambition et/ou d'agressivité commerciale.

Malgré les soutiens accrus du Ministère de l'Agriculture et du Conseil Général du Nord, l'UPRA ne disposait toujours pas des moyens de sa politique et n'avait pas encore retrouvé de véritables raisons d'espérer.

II est clair que pour l'ensemble des acteurs de la race, s'affranchir des complexes nés d'une lente descente aux enfers n'était pas encore d'actualité.

Maintenant il est également incontestable que ce premier programme a cristallisé la volonté des éleveurs de sortir de l'impasse et amorcé en cela l'arrêt du déclin de la flamande et de son appauvrissement génétique.